Prenons une seconde pour nous recueillir sur le sort des attachés de presse (dit aussi RP).


Vous croyez que c’est facile, vous, de vendre la première marque venue à une bande de journalistes tellement blasés que si le jeune Yves-Saint-Laurent tentait de percer aujourd’hui, il se verrait répondre par les rédactions « envoyez-nous un mail avec votre lookbook et on verra ! ». Cruelle époque que celle vivant dans la nostalgie des légendes disparus alors même que les génies d’aujourd’hui se gèlent le talent et les poings en tambourinant aux portes closes d’une élite nécrosée.

 

« Faut que j’arrive à faire publier cette marque alors que c’est cheap, vulgaire, et vendu trois fois trop cher. Ok, c’est du bio, mais c’est la quinzième marque qui s’y met rien que ce mois-ci ». Si l’on m’avait donné un euros à chaque fois qu’un(e) attaché(e) de presse me glisse discrètement cette phrase à l’oreille, j’aurais pu m’acheté de longue date une PlayStation III avec surtout l’intégrale BlueRay de Max Pécas.


Pire que les RP Mode, les RP Beauté, qui sont condamnés à compenser par la prose le manque d’intérêt de leur produit. En gros, cela donne ça :


« XXXXX a été développé pour l’homme moderne, sophistiqué et raffiné, désireux de partir à la découverte du monde et de ses mystères. La Liberté : voici en mot la véritable essence de XXXXX. La liberté d’être soit. La liberté de faire ses choix. La liberté d’aller au bout des choses et du monde. La fragrance est présentée dans un flacon aux courbes sobres et élégantes. Cet écrin de choix s’habille de couleurs vives et fortes pour mieux épouser le caractère déterminé et puissant de XXXXX. Avec ses notes fraiches et pétillantes, le parfum se veut séduisant par son originalité, surprenant par son audace. Une audace qui a inspiré David J. Deepass, le célèbre photographe newyorkais, qui livre une série de clichés où le talent et l’élégance font loi ».


Voici donc à quoi ressemble un communiqué de presse beauté. C’est comme tout : il faut savoir décrypter. Il fallait en faite lire….


« Ce parfum a été développé pour contrer notre concurrent et son YYYYY sur le marché des ados pré-pubères en mal de virilité. C’est donc à leur attention qu’a été développé ce flacon, au design douteux et aux couleurs criardes, qui représente le seul intérêt du produit tant le parfum en lui-même cache son affligeante banalité derrière la grande fraicheur d’une overdose de musc. Le prix de 62€ est certes très largement surestimé pour une essence produite à la chaine dans un pays en voie de développement, mais ce montant servira à rembourser l’étourdissante campagne publicitaire destinée à matraquer les boutonneux, réalisée par un photographe newyorkais has been qui facture tout même 3 millions de $ le shooting ».



 

Certes, j’exagère. Mais que dire alors de ce grand rugbyman qui, dans un communiqué de presse des shampoings HHHHH, nous dit sans rire que, sur le terrain, avoir le cuir chevelu irrité peut-être très gênant ? Et le rugbyman de remercier chaleureusement les shampoings HHHHH d’empêcher son cuire chevelu de le gratter lorsqu’il se fait plaquer par deux mastodompte de 110 kilos lancés à pleine vitesse. Ma mère avait peut-être raison, en fait : les shampoings, c’est important.


Mardi 17 février 2009 2 17 /02 /Fév /2009 00:01
- Par Ddx - Ecrire un commentaire
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires - Communauté : Bd blog et scribouillages - Publié dans : Homo Journalistus
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